Les évêques du Cameroun craignent une guerre civile.

 

Dans un message à l’attention du peuple camerounais, Mgr Samuel Kleda, président de la Conférence épiscopale nationale, invite les différents acteurs de la crise à une accalmie pour éviter la catastrophe.

Les évêques du Cameroun craignent une guerre civile.

Le clergé camerounais est de nouveau monté au créneau pour appeler au dialogue dans la gestion de la crise anglophone qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Dans un message signé le 16 mai et intitulé « Cri de détresse des évêques du Cameroun », Mgr Samuel Kleda, le président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, écrit : « Nous, évêques du Cameroun, estimons qu'une médiation s'impose maintenant pour une sortie de crise ; épargnons notre pays, le Cameroun, d'une guerre civile inutile et sans fondement ».


Les prélats voient dans divers signaux, les risques de dégradation totale du climat de paix au Cameroun. « Depuis octobre 2016, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest vivent des situations difficiles, marquées par des violences inhumaines, aveugles, monstrueuses et une radicalisation des positions qui nous inquiètent », soutient Mgr Kleda.


Le clergé s'est de nombreuses fois prononcé


Recharger vos cartes visa en 1 minute sans vous déplacersur la crise qui perdure dans les régions anglophones. Il a surtout appelé à la prière, car « seule une intervention divine » pourrait mettre fin à cette crise. C'est du moins l'avis des évêques de la province épiscopale de Bamenda qui, réunis en session ordinaire le 8 février dernier, ont exprimé leur indignation face à l'escalade de violence observée dans les deux régions anglophones du pays.


Le temps est grave


Le cardinal Tumi, archevêque émérite de Douala, lui, n'a pas mâché ses mots pour dénoncer ces morts, ces déplacés et ces populations traumatisées. « Quand on parle de crise anglophone, la première idée qui me vient en tête, c'est que le temps est grave et tant qu'on continue de tuer qui que ce soit, militaires, civils, parce que toute vie est sacrée, ce sera toujours une impasse. Nous prions pour que le terrorisme cesse aussitôt que possible. Et que tout le monde se retrouve autour d'une table pour dialoguer. Tant qu'il n'y aura pas de dialogue (…) la crise va continuer », a-t-il déclaré au cours d'une récente interview.

Le dialogue. Une solution sur laquelle tout le monde semble d'accord pour la résolution de la crise, mais qui a bien du mal à être concrétisée. Conséquence, les violences perdurent. Pis, les prêtres sont pris pour cibles par des militants de la cause séparatiste. Le 30 avril dernier, l'abbé William Neba a été pris en otage à Belo (Nord-Ouest) alors qu'il célébrait une messe. Il a été libéré 48h plus tard.

Malgré l'impasse, le clergé entend bien insister sur la nécessité de la prière et du dialogue. « A tous les Camerounais, nous lançons ce cri de détresse au nom de Dieu le Père Tout- puissant : cessons toutes formes de violences et arrêtons de nous entretuer ; nous sommes tous des frères et sœurs, reprenons le chemin du dialogue, de la réconciliation, de la justice et de la paix », exhorte Mgr Samuel Kleda.

Source: Journal du Cameroun.

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